Stéphane Rossini
Conseiller national

   

Massacre et hypocrisie

 

Le Conseil fédéral a désormais publié les contours de la 6ème révision B de l’assurance-invalidité. Dans la droite ligne de la pensée comptable et du démantèlement, qui caractérise la majorité bourgeoise et M. Burkhlater, grand orchestrateur des suppressions de prestations, c’est un nouveau jeu de massacre qui se met en place.

La révision est unilatérale : elle supprime des prestations, oubliant étrangement de contraindre les entreprises à participer à la réussite de l’exercice. Sans tenir compte des effets des 5ème et 6ème (A) révisions, sans démonstration de sa pertinence,  l’exercice d’économies se poursuit, injuste, presque arbitraire. Economies de 150 millions par l’introduction d’un système linéaire de rentes, de 120 millions sur les rentes parentales, de 20 millions sur les frais de voyage, de 30 millions (mais sans le dire !) sur les subventions aux associations sans but lucratif illustrent le sort réservé aux actuels bénéficiaires de prestations.

Le PS n’entrera pas en matière sur ce projet. Les personnes invalides et handicapées ont déjà payé un trop lourd tribu au démantèlement social. La révision 6A vient d’exclure du régime d’assurance-invalidité 15, peut-être 20 ou 30 mille personnes ! Renvoyer à l’assistance publique des personnes qui devraient bénéficier des prestations d’assurance est indécent. Nous refusons le retour de la charité. 

Et puis, il importe aujourd’hui que les associations et milieux concernés se mobilisent. Par leur (très/trop) molle opposition aux mesures d’assainissement de l’AI, ils légitiment une politique antisociale. Ils  également à leur mission historique : accompagner les mouvements de la société civile pour porter les revendications politiques des personnes concernées. Or, c’est au  part de l’essence de leur action ! 

Ces associations devront donc se mobiliser davantage sur le terrain politique. Aussi pour soutenir les candidat-e-s des partis qui portent dans les faits et non dans les promesses électorales leur préoccupations. Les exemples sont trop nombreux d’hypocrites opportunistes, qui votent le démantèlement et signent ensuite des pétitions ou participent aux manifestations caritatives pour rétablir la situation ! Sourires et serrages de pattes ne font pas encore une politique, sociale ou pas. L’électeur lucide devrait en avoir conscience.
   
Juin 2011
 
Changez de caisse-maladie !


L’augmentation des primes d’assurance-maladie est à nouveau d’actualité. Les débats qui l’accompagnent sont légitimes, car alors que les coûts augmentent de manière modérée, les primes de certaines caisses explosent. Cela n’est plus admissible. La majorité des assurés est frappée de plein fouet par cette situation absurde. Beaucoup voient leur revenu disponible diminuer d’année en année en raison de primes par tête antisociales.

Mais surtout, le mode de définition des primes est aberrant, dans un domaine où la concurrence est illusoire et ne sert que les intérêts des assureurs. Des millions d’assurés mesurent concrètement cette absurdité. Ainsi, mes primes ont baissé de 15% entre 2009 et 2010 en changeant de caisse, alors que les coûts augmentaient 4 fois moins. Pour 2011, ma caisse me gratifie de +30% de prime, alors que les coûts augmentent 6 fois moins ! Ma voisine reçoit une offre de 80% supérieure à la mienne, complétée de 4 complémentaires !

Par ailleurs, on observe une fois de plus des pratiques mensongères et trompeuses de la part des caisses. En évoquant les réserves, qui n’existent plus pour la LAMal ; en proposant 4 fois une couverture accidents dans une offre ! ; en jouant l’intimidation par téléphone, pour ne citer que quelques exemples vécus ces jours-ci, certaines caisses se moquent de l’assuré et se rapprochent dangereusement de la fraude. Ces attitudes commerciales scandaleuses sont à dénoncer.

Par conséquent, assuré-e-s, changez de caisse. Choisissez parmi les caisses les moins chères. Ne cédez pas au chantage. Pour l’assurance de base, on ne peut pas vous refuser, encore moins vous formuler des réserves. Les prestations obligatoirement remboursées par la LAMal sont les mêmes dans toutes les caisses. Les complémentaires sont quasi inutiles.

Cessons d’être les dindons de la farce et la vache à traire de managers grassement payés !

 

Un vainqueur bien trompeur !

   

Faire de Freysinger le vainqueur du refus de la baisse du taux de conversion LPP relève du bon droit du Nouvelliste. Mais, la population doit savoir que derrière ce populisme local (Freysinger avait voté oui à la baisse du taux et à la révision, le 24 septembre 2008, avant de retourner sa veste !), l’UDC est le parti du démantèlement social et que les soldats valaisans ne s’en distinguent guère.

Voici quelques positions de l’UDC en matière sociale :

-       Refus d’introduire une retraite flexible AVS.

-       Proposition de limiter les rentes AVS à une rente unique de 1'500 francs par mois.

-       Refus de l’indexation des rentes AVS et AI.

-       Refus du financement de l’AI.

-       Proposition de supprimer des dizaines de milliers de rentes AI.

-       Proposition de réduire de moitié le catalogue des prestations LAMal.

-       Refus des financements en faveur des crèches.

-       Refus de l’harmonisation des allocations familiales.

-       Privatisation de la LAA et fin du monopole  de la SUVA.

-       Réduction des indemnités pour les jeunes chômeurs.

-       Refus du financement de l’assurance-chômage.

-       Refus d’une stratégie fédérale de lutte contre la pauvreté et des prestations complémentaires pour familles pauvres.

-       Stigmatisation systématique des bénéficiaires de prestations sociales.

Des dizaines d’exemples pourraient s’ajouter à cette liste partielle des propositions de démantèlement des politiques publiques !

Les mesures de protection sociale n’ont jamais été données au peuple. Tous les progrès sociaux ont été conquis de haute lutte. Le PS et le mouvement ouvrier ont porté depuis plus de 120 ans ces combats au nom de l’intérêt général et de la solidarité.

Faire des démanteleurs des politiques solidarité des quasi défenseurs de la protection sociale est plus que douteux. A moins que l’on se trouve déjà au cœur de l’orchestration des soutiens à l’UDC-VS pour les élections fédérales 2011 !

 

Retour